L’histoire et la culture

 L'histoire et la culture

 

Deux collectivités cohabitent dans la région Baie-James, soit les Jamésiens, avec une population approximative de 17 000 habitants et les Cris d’Eeyou Istchee avec près de 18 000 habitants.Les ancêtres des Cris actuels occupent la région depuis près de
5 000 ans.

 

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En effet, les Cris d’Eeyou Istchee habitent le long des rivières et autour des lacs drainant le territoire qui entoure l’extrémité sud-est de la baie James. Leur mode de vie traditionnel est fondé sur la chasse, la pêche et le piégeage. Grâce à leur créativité et à leur ingéniosité, ce peuple a parcouru et apprivoisé cet immense territoire en y tirant l’essentiel de sa subsistance à partir de la flore et de la faune présentes dans les eaux et la forêt.

 

Se désignant comme un peuple nomade de chasseurs – Ndooheenou –, les Cris se déplaçaient en suivant le cours des saisons et des migrations animales. Parmi le gros gibier, le caribou constituait leur proie favorite. Ils en tiraient non seulement leur nourriture, mais aussi les éléments essentiels à la fabrication des vêtements, des outils, des raquettes, des mocassins et du tipi.

 

Quant au petit gibier, la chasse à l’oie au printemps et à l’automne permettait alors, et encore aujourd’hui, de garnir le garde-manger pour deux mois. Pendant le Goose Break, une des importantes activités ancestrales conservées par les Cris, toute la famille renoue avec la vie nomade pendant deux semaines.

 

En été, la pêche bat son plein dans les baies côtières et les estuaires des rivières. À la fin de cette saison vient la période tant attendue de la cueillette des baies, des petits fruits et des autres plantes. Les Cris en tirent non seulement leur nourriture, mais aussi les éléments utilisés dans la fabrication des médicaments et de la teinture.

 

Les premiers contacts avec les Européens remontent au début du 17e siècle avec comme objectif principal la traite des fourrures qui s’est pratiquée pendant près de 300 ans. Au fil des années, les Cris ont considérablement modifié leurs habitudes. Pour répondre aux demandes du commerce des fourrures, ils ont délaissé graduellement le gros gibier et le nomadisme et la trappe est devenue une activité importante. Les postes de traite constitueront finalement le site des communautés cries actuelles.

 

Bien que certains Cris vivent toujours de la trappe et des autres activités traditionnelles de chasse et de pêche, le modernisme a considérablement modifié le comportement du chasseur et du trappeur. Obligés de parcourir de plus grandes distances, ceux-ci se déplacent maintenant en motoneige ou en véhicule tout-terrain, selon les saisons. En effet, la transformation importante du paysage provoquée d’abord par l’exploitation minière et forestière, mais surtout par la construction des gigantesques installations hydroélectriques et des routes depuis le début des années 1970, a sensiblement affecté la vie quotidienne des Cris et leurs déplacements pour les activités saisonnières.

 

Depuis la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1975, les Cris sont entrés dans le 21e siècle à la vitesse de l’éclair. Peuple fier, il s’efforce de revitaliser ses coutumes ancestrales et sa langue, tout en permettant aux membres de ses communautés de profiter des bienfaits de la vie moderne, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’économie et de l’habitation. Des dispositions de l’entente réservent aussi aux Cris un accès exclusif ou partagé, selon le cas, à des territoires jadis occupés par eux seuls et où ils peuvent pratiquer leurs activités ancestrales de chasse, de pêche et de trappe.

 

La culture crie est vivante, riche et unique. Les habitants des 9 villages du territoire vous convient à la découvrir en partageant leur mode de vie : cuisine authentique, artisanat distinctif, récits ancestraux fabuleux et activités traditionnelles dans l’harmonie et le respect de la nature.

 

Le long parcours des premiers Européens à s’être aventurés en Amérique rejoint l’histoire des ancêtres de ce vaste territoire. La recherche d’une nouvelle route vers l’Asie les a en effet incités à poursuivre l’exploration de ce nouveau continent et c’est en 1610 que Sir Henry Hudson découvrit la baie qui porte aujourd’hui son nom. En 1631, Thomas James publia la carte de la baie d’Hudson démontrant bel et bien qu’elle n’était pas le passage maritime vers l’Orient. Toutefois, on réalisa rapidement que la région regorgeait d’animaux dont les fourrures étaient parmi les plus recherchées au monde. C’est à cette époque que Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouart, Sieur Des Groseilliers, ont développé le commerce des fourrures en Nouvelle-France. Ils incitèrent d’abord les Anglais à s’y intéresser et, en mai 1670, le roi Charles octroyait une charte royale à la Compagnie de la Baie-d’Hudson, toujours en opération aujourd’hui!

 

Préférant l’exploration au commerce, en 1674, ils quittèrent cette compagnie et se tournèrent à nouveau vers la France pour créer la Compagnie du Nord-Ouest, en concurrence directe avec la Compagnie de la Baie-d’Hudson. La bataille pour le contrôle des fourrures s’est maintenue jusqu’en 1713 au moment où la signature du traité d’Utrecht a mis fin à l’animosité entre Français et Anglais. Le marché de la fourrure a lentement décliné et la trappe n’a été pratiquée par la suite que par les autochtones, à quelques exceptions près. Quant aux derniers coureurs des bois, ils devinrent prospecteurs! Ce fut ensuite les richesses du sous-sol de la région Baie-James qui suscitèrent un nouvel intérêt.

 

L’ouverture des routes et l’avènement du chemin de fer après la Seconde guerre mondiale ont permis à l’industrie minière de prendre son essor. Une dizaine de mines sont entrées en exploitation dans les années 1950, donnant naissance aux villes de Chibougamau, Chapais et, un peu plus tard, Matagami. À partir des infrastructures mises en place par l’industrie minière, une autre richesse naturelle devint désormais accessible : la forêt boréale. L’épinette donnait un excellent bois de charpente et sa pâte était utilisée pour augmenter la résistance de certains papiers. Ainsi, les années 1960 ont été celles de l’exploitation forestière. Ici comme ailleurs au Québec, de nombreuses entreprises s’établirent et leurs besoins augmentèrent constamment.

 

Au début des années 1970, la quasi-totalité des rivières à proximité des grands centres étaient aménagées. La demande d’énergie s’accroissant, il devint impératif de développer de nouveaux projets. En 1971, le gouvernement québécois annonçait un méga projet : l’aménagement des rivières de la Baie James. En 1972, Hydro-Québec amorçait donc la construction du complexe La Grande dont fait partie la plus grande centrale souterraine au monde, La Grande-2, aujourd’hui rebaptisée Robert-Bourassa en l’honneur du défunt Premier ministre promoteur du projet.

 

En tout, huit centrales, générant plus de la moitié de l’énergie hydroélectrique du Québec ont été aménagées au cours des deux phases de construction. Trois axes routiers totalisant plus de 1 700 km ont été construits, la route de la Baie-James (Matagami-Radisson), la Route Transtaïga (Radisson-Caniapiscau), la route du Nord (Chibougamau-Radisson) et des milliers d’emplois ont été créés. C’est le plus grand projet de société que le Québec ait connu à ce jour!